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Un ouragan financier est annoncé pour l’été
« Une immense crise financière menace », il y a quelques semaines c’est en ces termes, que Jacques Attali a averti le monde et la France qu’une prochaine grande crise financière allait être officialisée dans les mois qui viennent.
Jacques Attali, conseiller politique de l’ombre, entrepreneur, figure intellectuelle et médiatique nous a toujours habitués à la délivrance d’analyses et de messages plus ou moins clairs sur notre futur proche. Mais en cette année 2023, le moins que l’on puisse dire, c’est que le frère de Bernard a décidé de prendre des risques.

En effet, en pleine Grande Réinitialisation de l’économie et de l’ordre géopolitique mondial, notre Jacques anational n’a pas hésité à « pronostiquer » une date d’officialisation de l’étape 3 de la Grande Réinitialisation.
Ainsi, dans son article publié sur son site le 12 avril 2023, il prédit que la crise pourrait bien être proclamée pour cet été :
« On ne peut pas penser que la croissance actuelle suffira à avaler cette dette, comme ce fut le cas en 1950 : le rapport du FMI, pour son Assemblée annuelle de cette semaine, est sur ce point lucide, même s’il est incroyablement discret sur les risques financiers systémiques qui rongent l’économie de son principal actionnaire américain.
Quelques trop rares experts murmurent maintenant qu’une grande crise financière se déclenchera, comme beaucoup d’autres avant elle, dans la deuxième quinzaine d’un mois d’août : comme en 1857, en 1971, en 1982 et en 1993. Mais de quelle année ? Peut-être août 2023. »
Le mois d’août serait donc le mois choisi pour le déclenchement de l’ouragan, la tempête, évoquée par Jamie Dimon de JP Morgan ou encore la maison de courtage en bourse Charles Schwab, il y a désormais plus d’un an, à la suite du déclenchement de la guerre Russo-Ukrainienne.
Et en réalité, il n’est pas du tout anormal de voir Jacques Attali se faire l’écho de rumeurs émanant de Wall Street et de la City, car celui qui a prononcé l’éloge funèbre du regretté Coluche a toujours été, en réalité, un relai de la parole mondialiste au sein de l’appareil médiatique français.
On peut même affirmer sans trop de difficultés : en France, le VRP de l’hyperclasse c’est Jacques Attali.
Depuis des décennies (années soixante-dix / quatre-vingts) Attali est véritablement au cœur du pouvoir. À la fois conseiller politique, dirigeant d’ONG, d’association, membre de lobbys importants, relai du pouvoir financier mondialiste, etc. En tout état de cause, ses relations avec les puissants et les présidents de la République ne sont plus à démontrer.

Mais surtout, il s’est imposé comme le seul à posséder, en France, un magistère incontesté, une autorité doctrinale morale et intellectuelle qui lui permet de s’inviter sur toutes les radios, journaux et télévisions pour délivrer la « bonne parole ».
Même sur les radios que certains qualifient de « résistantes/dissidentes », il a droit de cité et aucun journaliste ou éditorialiste ne se permet de lui porter une véritable contradiction.
Certains disent de lui, qu’il est immensément intelligent, d’autres qu’il est la voix la plus effrayante du pouvoir profond, c’est pourquoi il est difficile de le tancer aux yeux de tous.
Ce qui est certain en tout cas c’est que Jacques Attali reprend mot pour mot dans ses analyses, ses déclarations le programme et les agendas du Forum économique mondial.
Il a d’ailleurs été un contributeur de Davos et son nouveau slogan « L’économie de la vie » est en lien direct avec le monde d’Après que l’Hyperclasse est en train de construire de manière accélérée depuis 2020.
Les positions d’Attali sur le Grand Récit Vert, la crise migratoire, la sécurité alimentaire, la 4e révolution industrielle, la tolérance arc-en-ciel (LGBGT/Woke- Transhumanisme) ou encore l’avenir d’internet sont toutes partagées par l’institution présidée par Klaus Schwab.
Néanmoins, il est à mettre au crédit du natif d’Alger, qu’il n’est pas seulement un répétiteur des narratifs mondialistes qui nous conduisent à la gouvernance globale. Il en est souvent l’initiateur médiatique.
Car bien avant la montée en puissance de Davos au début des années 2000, il a délivré « le message » et les analyses anticipées sur une multitude de sujets et problématiques qui sont désormais traitées par le World Economic Forum.
Quand on connait un peu Jacques Attali, à travers son œuvre, on comprend vite qu’il a un projet depuis longtemps qui est celui de « réparer le monde ».
– Le Monde
Il fait même de la réparation du monde, la mission principale de sa vie comme il l’a confié au journal Le Monde (le bien nommé) en 2015.
Cet hybride mi-Kissinger, mi-Raymond Aron a annoncé plusieurs fois la nature future du monde d’Après, en plus d’appeler très fréquemment à l’instauration d’un gouvernement mondial.
Le nouveau Moyen Âge 2.0
Déjà en 2000, quelques semaines après l’éclatement de la bulle internet en mars, Jacques Attali en initié, livrait une analyse (un souhait) qui semble se réaliser et se matérialiser deux décennies plus tard.
Cette « supplique » récurrente adressée à la providence était, et est toujours, la disparition de la Nation.
En effet, le conseiller de Mitterrand avait donné une drôle d’analyse pour l’époque, tant elle pourrait paraître hors-sol et déconnectée de la réalité du moment.
Mais à l’aube d’une nouvelle crise financière et en cette fin du mois de juin 2023, elle apparait beaucoup plus juste, 23 ans après :
« – L’État a-t-il encore sa place dans le marché pur et parfait que vous décrivez ?
L’État national n’a plus sa place.
Nous connaissons déjà un exemple de ce qui pourrait arriver : la Somalie. Des bandes tribales s’affrontent sans aucun pouvoir pour les séparer. Mais, tout autrement, c’est en train de devenir le cas en France : nous n’avons pas encore d’État européen et déjà nous n’avons presque plus d’État français. Aussi, dans la mondialisation, la France est une proie, pas un chasseur. Ses entreprises sont contrôlées majoritairement par des propriétaires extérieurs. L’État ne peut rien leur dicter, sinon ils s’en iront. Nous avons créé les instruments de notre propre chantage.
Nous entrons dans une période de nouveau Moyen Âge. Nous vivons en ce moment la période flamboyante de la fin de l’empire.
L’empire américain, plus puissant que jamais, ne voit pas qu’il est peut-être en train d’être dépassé par sa propre toute-puissance. Wall Street ne tient plus la Bourse. Les États-Unis ne peuvent mettre de l’ordre dans toutes les banlieues de l’univers.
Se constituent des îlots d’abondance, comme ce fut le cas en Europe, dans la période de déclin de l’Empire romain entre le IIIe et le XIe siècle. Des hordes sauvages regroupant tous ceux qui ne sont pas les privilégiés du système se constituent.
Ce Moyen Âge bunkérisé est déjà là: ce sont les guerres locales, les banlieues qui s’isolent, les riches qui s’isolent, les touristes qui se font prendre en otage.
– Comment éviter cette apocalypse?
Le seul moyen cohérent serait la constitution d’un gouvernement mondial disposant des instruments de régulation sociale du marché au niveau planétaire.
Un gouvernement disposant des moyens, à l’échelle de la planète, dont dispose le gouvernement américain ou la Commission européenne pour superviser les opérations de fusion et anticiper leur impact sur l’écologie, la création d’emplois, les avancées démocratiques. L’évolution du procès Microsoft montre qu’un gouvernement peut obtenir la sanction d’une entreprise qui abuse de son monopole.
– Que resterait-il aux États nationaux?
Tout ce qui permet la fabrique sociale : la défense, la police, l’éducation, la culture et les moyens d’assurer l’égalité des citoyens devant les risques.
– Comment vivront les gens dans ce nouveau Moyen Âge?
La population mondiale évoluera vers trois catégories.
Au sommet de la pyramide, on trouve les « hypernomades », capables d’utiliser librement et sans intervention étatique les technologies pour créer et manipuler l’information, les seuls à voyager physiquement sans cesse d’un continent à l’autre. Ils sont 200 à 300 millions.
Au bas de la pyramide, les exclus : exclus de la société et des technologies, les « infranomades », qui ne voyagent que de quelques kilomètres, pour trouver de quoi manger. Dans trente ans, ils seront quelque 4 milliards, sur 9 milliards d’êtres humains.
Et au milieu, une classe moyenne qui vivra par procuration, dans le virtuel, dans des distractions exacerbées par les nouvelles technologies, pour ne pas penser, ne pas se révolter, « nomades virtuels ». C’est pour cette raison que le secteur des loisirs, de l’entertainment, prend une importance aussi considérable.
– Vous pensez donc que la moitié de la population vivra par le réseau, dans le réseau?
Oui, le virtuel deviendra la norme de la classe moyenne, et le réel le signe du luxe. Mais c’est déjà très largement le cas. »
– Entretien publié dans Libération le 5 mai 2000

Ainsi, Jacques Attali verbalisait le même souhait qu’un certain Edmond de Rothschild, qui avait déclaré dans un entretien accordé à la revue « Entreprise » publié en page 62 à 65 du n°775, en date du 18 juillet 1970 :
« Le verrou qui doit sauter à présent, c’est la nation ! »
Trente ans après, Attali avait repris cet objectif tout en ajoutant une analyse sur la construction du Monde de demain, qui en 2023 nous apparait presque terrifiante tant elle est juste.
Au regard de ce qui se passe aujourd’hui, on ne peut être que frappé par les anciennes déclarations du « grand initié » Jacques d’Alger. La fin de l’hégémonie américaine (fin de l’Empire romain pour lui) est bien enclenchée, les guerres locales, les hordes de sauvages regroupant tous ceux qui ne sont pas les privilégiés du système se constituent, les banlieues et les ultras riches qui s’isolent…
Les évènements actuels autour des émeutes de banlieues ayant pris pour prétexte de la mort d’un individu de 17 ans pour refus d’obtempérer, s’inscrivent parfaitement dans cette description attalienne.
La bavure du policier a permis au chef de l’État Emmanuel Macron, à travers une énième déclaration lunaire, d’affaiblir encore une fois un peu plus l’autorité et l’ordre étatique.
Une guerre civile latente non officielle, organisée par le pouvoir (hypernomades) par l’intermédiaire des infranomades peut être déclenchée à tout moment, en vue d’imposer des mesures et un cadre qui renforce la société totalitaire dans laquelle nous avons basculé complètement depuis mars 2020 (identité numérique, reconnaissance faciale, surveillance généralisée, crédit social, monnaie numérique programmable, etc.).
Il est clair qu’en cette année 2023, nous sommes en effet, définitivement entrés dans ce Moyen Âge 2.0.
Mais alors notre Jacques Attali serait-il un prophète incompris ?
Les qualifications et pressentiments autour des hypernomades (hyperclasse) et des infranomades (les migrants/masses immigrés acculturés) avec au milieu une classe moyenne qui termine de se dissoudre dans un monde virtuel, étaient des « visions » qu’il était bien difficile d’avoir à la fin du 20e siècle…
N’est-il pas plutôt en réalité, un de ceux qui connait le programme pensé et appliqué aux Nations, depuis maintenant plusieurs décennies ?
En 2014, il répétait cette vision d’un Nouveau Moyen Âge à venir en s’amusant d’éventuelles similitudes de la série à succès Game of Thrones avec le Monde d’Après, en évoquant un « planétaire Moyen Âge ».
Car en effet, s’il existe une constante dans les analyses et les écrits d’Attali, c’est bien la prédiction de disparition des nations, avec en arrière fond une géopolitique instable qui ne permet pas de définir quelle grande puissance dispose d’une prédominance dans la géopolitique mondiale.
Celui qui explique qu’ « un pays est un hôtel », a toujours dessiné une brève histoire de l’avenir dépourvue de nations.

D’ailleurs dans un livre de 2006 portant ce titre, Attali avait parfaitement rédigé ce qu’allait être la propagande actuelle du Forum Économique Mondial.
Le seul résumé succinct de l’ouvrage permet d’observer la grande similitude de ton entre le travail Attalien et les différentes productions de la sphère Davosienne comme ceux de Klaus Schwab (La 4e révolution industrielle, Covid 19- La Grande Réinitialisation, le Grand Récit Pour Un Monde Meilleur) ou encore les best-sellers de Yuval Noah Harari (Sapiens /Homo Deus) :
« L’auteur raconte ici l’incroyable histoire des cinquante prochaines années telle qu’on peut l’imaginer à partir de tout ce que l’on sait de l’histoire et de la science. Il dévoile la façon dont évolueront les rapports entre les nations et comment les bouleversements démographiques, les mouvements de population, les mutations du travail, les nouvelles formes du marché, le terrorisme, la violence, les changements climatiques, l’emprise croissante du religieux viendront chahuter notre quotidien.
Il révèle aussi comment des progrès techniques stupéfiants bouleverseront le travail, le loisir, l’éducation, la santé, les cultures et les systèmes politiques ; comment des mœurs aujourd’hui considérées comme scandaleuses seront un jour admises.
Il montre enfin qu’il serait possible d’aller vers l’abondance, d’éliminer la pauvreté, de faire profiter chacun équitablement des bienfaits de la technologie et de l’imagination marchande, de préserver la liberté de ses propres excès comme de ses ennemis, de laisser aux générations à venir un environnement mieux protégé, de faire naître, à partir de toutes les sagesses du monde, de nouvelles façons de vivre et de créer ensemble. »
L’agenda 2030 du WEF et des Nations-Unies résumé en seulement quelques lignes…
D’ailleurs, Attali a aussi de nombreuses fois évoqué les fameuses villes du futures (Smart Cities, Villes du quart d’heure, ville régénérative, etc.) en expliquant que :
« Les (hyper) métropoles vont supplanter les nations. »
Dans un article de 2014 dans le journal La Tribune, l’homme « qui a inventé Emmanuel Macron » explique :
« Les hypermétropoles seront le nouvel échelon d’identification dans un monde de plus en plus nomade, les métropoles vont changer le paysage géo-économique.
Dans un monde qui exigera de plus en plus de fédéralisme, les métropoles vont devenir un nouvel acteur à part entière, allant jusqu’à supplanter la nation pour les plus puissantes d’entre elles.
Ce rôle va accroître la compétition des métropoles entre elles, les plus attractives formant un réseau de villes hypernomades de passage.
Les métropoles sont des laboratoires pour le test et le déploiement des technologies numériques (TIC) fondées sur les réseaux (smartgrids), liées à la mobilité (voiture électrique), aux objets connectés, à l’ouverture des données publiques (open data), ou encore aux systèmes analytiques de traitement des masses de données (big data).
La ville intelligente et les smartgrids sont une illustration de marchés à fort potentiel à saisir pour l’Europe et la France, particulièrement bien positionnées sur les technologies requises pour la transition vers les villes durables, dont de nombreux pilotes sont à l’œuvre actuellement à Amsterdam, Stockholm, Londres, Bilbao, mais aussi Singapour et Yokohama.
Il sera important de mettre le big data au cœur des projets de rénovation des métropoles. L’utilisation du big data dans le processus décisionnel conduira à une utilisation optimale des ressources des métropoles. Les évolutions technologiques et structurelles conduiront à une plus grande intégration des populations. »
Notre éminence attalienne avait donc juste 10 ans d’avance sur les productions du Forum Économique Mondial et sur le développement en Chine des premiers modèles de ces hypermétropoles ultra connectées où identité numérique, monnaie numérique de banque centrale et crédit social rendent déjà captifs des millions d’individus…
Mais alors est-ce que la Chine, qui est en avance dans la construction du Monde d’Après, pourrait néanmoins se révéler comme un nouvel empire hégémonique au niveau mondial ?

La question se pose pour l’empire du Milieu qui a toujours été apprécié par les élites de l’Hyperclasse (Kissinger, Rothschild, Rockefeller ou encore Schwab).
Le tigre chinois qui semble bénéficier médiatiquement et financièrement du délitement organisé de l’empire américain, ne pourrait-il pas prendre une certaine forme de leadership, comme le laissent entendre les récits autour d’un nouvel ordre mondial multipolaire autour des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud)…
De plus, les actions des grands gestionnaires d’actifs de Wall Street et les politiques ESG semblent considérablement favoriser l’essor Chinois au niveau mondial.
Ce n’est pourtant pas l’avis du frère jumeau de Bernard qui expliquait lors d’une entrevue à Radio Canada en 2017 que lors de la prochaine décennie, il allait y avoir néanmoins une lutte pour la gouvernance mondiale :
« Jacques Attali a vu quatre étape
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